Troubles urinaires et sclérose en plaques : mieux les détecter pour mieux les prendre en charge.
mercredi 1er décembre 2021

Résumé :

Un dépistage précoce et une prise en charge adaptée des troubles urinaires liés à la sclérose en plaques (SEP) doivent en réduire la morbidité. Une enquête transversale a été conduite afin d’évaluer la fréquence et la sévérité des troubles vésico-sphinctériens liés à la SEP dans une population non sélectionnée et suivie en milieu neurologique aussi bien en ville qu’à l’hôpital. Cent vingt-cinq patients SEP dont 44,7 % évoluaient depuis moins de 10 ans (77,6 % de femmes, âge moyen 44,4±13,0 ans) ont répondu à un auto-questionnaire. Quatre-vingt-neuf patients (79,2 %) présentaient des troubles urinaires dont 42 (33,6 %) des troubles urinaires sévères. Parmi les 99 patients présentant des troubles urinaires, 10,1 %, 24,2 % et 65,7 % se plaignaient respectivement de dysurie isolée, d’urgenturies/fuites isolées ou des 2 symptômes. 26,8 % des patients avec troubles urinaires ont eu des infections urinaires ayant nécessité la prise d’antibiotiques (contre 4 % chez ceux sans trouble urinaire), avec un nombre moyen de 2,7±2,7 infections urinaires au cours des 12 derniers mois. Seuls un quart (23,8 %) des patients ayant un trouble urinaire sévère déclaraient être suivis par un spécialiste, urologue ou médecin de médecine physique et de réadaptation (MPR). Une majorité des patients (73,7 %) aurait aimé connaître le lien possible entre leurs troubles urinaires et leur pathologie (SEP). De nombreux patients (20,6 %) ont exprimé le souhait d’avoir de l’aide pour gérer leurs problèmes urinaires, notamment en cas de troubles sévères (35,7 % des cas). Cette étude a permis de confirmer que les troubles urinaires sont fréquents chez les patients SEP, sous-estimés et pas totalement pris en charge. Ces patients sont en demande d’information sur les symptômes et en recherche d’aide sur la prise en charge. En réponse, il nous a semblé important d’informer les patients sur la fréquence de la relation entre SEP et troubles urinaires, d’évaluer ces derniers régulièrement avec un questionnaire spécifique et de mettre en place une prise en charge adaptée selon un algorithme décisionnel bien défini en intégrant le suivi par un spécialiste en neuro-urologie.

 Source : Pratique neurologique, Vol 12 - N° 4 - décembre 2021 Page : 283-289

  • Troubles urinaires et sclérose en plaques : mieux les détecter pour mieux les prendre en charge

J. de Seze, H. Quiniou, L. Lanotte, A. Kopf, D. Gault, M.-C. Delplancq, S. Benoffi, C. Saussine.

Doi : 10.1016/j.praneu.2021.10.007